Industrie 4.0 ou l’évolution inédite d’une chaîne de valeur

29 juin 2021 Par 0 Commentaire

C’est un fait : la fabrication additive bénéficie d’une croissance en hausse de 20% chaque année. Ce marché ainsi amené à doubler dans 5 ans est estimé à 15 milliards de dollars en 2021. Le rapport SmarTech Analysis prévoit même une activité annuelle de plus de 53 milliards de dollars en 2029.

On peut donc parler d’industrialisation du secteur voire d’industrie 4.0. Le nombre de domaines d’activités concerné ne cesse de croître et parmi les mieux implantés on notera le secteur médical, le secteur spatial mais aussi l’aéronautique, l’automobile, l’électronique, les machines & équipements, et plus récemment le bâtiment et l’agroalimentaire.

Quels mécanismes modifient la chaîne de valeur de cette industrie hors du commun ? Réponse dans  cet article.

2020-2021 : comment la pandémie a métamorphosé les mentalités 

 

 

”Il faut s’adapter. Oui, mais comment ?” Cette question, nombreux sont les entrepreneurs à l’avoir soulevée ces 18 derniers mois. Alors que la mondialisation atteignait ses limites, la fabrication additive et ses acteurs ont su faire preuve de réactivité et s’imposer en tant que référence de changement.

Au-delà de la crise sanitaire et des blocages des chaînes de production traditionnelles surmontés grâce aux technologies d’impression 3D, les entrepreneurs doivent aujourd’hui répondre à des impératifs économiques post-crise, à des politiques d’écologie et de solidarité. Ils doivent penser “long terme”, et sortir des sentiers battus. Réduction de l’empreinte carbone, digitalisation, production à la demande et/ou personnalisée, et relocalisation deviennent les mots clés de 2022. La chaîne de valeur s’y trouve très concrètement revue. 

Preuve en est : le programme national d’accompagnement « Industrie du Futur », pensé en collaboration avec le ministère de l’économie, fait une place de choix aux entrepreneurs et makers  issus de l’univers impression 3D. 

Et pour causes : la fabrication additive et l’impression 3D interviennent tant au niveau industriel qu’à celui des PME. Elle contribue indéniablement à la modernisation et la compétitivité des entreprises françaises grâce à sa réactivité et à sa capacité à transformer les processus de production.

 

Comment la diversification des matériaux modifie la chaîne de valeur 

 

Si les matériaux traditionnellement utilisés dans le secteur de la fabrication additive sont en plastique, les avancées technologiques ne cessent de propulser cette industrie vers de nouvelles sphères. De quoi bousculer toute la chaîne de valeur. Voici les principaux matériaux innovants :

Les métaux : Principalement utilisés en aéronautique, l’impression 3D de métaux remplace l’usinage dans le cas des pièces à géométrie complexe. Des métaux de plus en plus légers ou des alliages spécifiques permettent également aux avions de voler plus léger et donc de réduire leurs émissions de carbone. 

– Le béton  : Les impression en 3D en béton et dérivés représentent une véritable révolution pour le secteur de la construction mais aussi pour la rénovation et les travaux publics.

Les matériaux biocompatibles interviennent dans la reconstruction de tissus, voire d’organes, mais aussi dans la conception de prothèses et de matériel médical. Ils permettent une meilleure préparation des équipes chirurgicales.

– Les matériaux flexibles comme le silicone sont utilisés dans le secteur médical, industriel, et le prêt à porter. Ils sont de plus en plus utilisés dans l’aéronautique car il permettent  d’éviter des opérations d’assemblage ou collage.

Les matériaux vivants hybride  réagissent aux stimuli extérieurs. Les applications sont médicales, ou agroalimentaire comme les emballages intelligents par exemple. 

– Les matériaux solubles permettent la création de pièces plastiques à géométrie complexe, atout non négligeable pour toutes les actions de prototypage.

Cette diversification a pour conséquence de changer la place des fournisseurs de matière première au sein de la chaîne de valeur, qui s’en voit bousculée. Ils arrivent en force et parfois proposent leur propre solution d’impression 3D, ce qui induit un contact direct avec le client. De quoi encourager les investissements de recherche et développement en provenance de ces chimistes professionnels et de leurs équipes. C’est désormais la maîtrise des techniques associées à ces matières premières qui prend le devant de la scène. Les fabricants d’imprimantes pourraient pour leur part se trouver en perte de vitesse dans un futur proche. 

En conclusion, la fabrication additive semble la technologie la plus adaptée à un monde qui change. Réduction des stocks grâce à la production à la demande, consolidation des liens avec les fournisseurs existants, réactivité accrue, baisse drastique des coûts, promesse constante de création de nouvelles matières premières, allègement des équipements aéronautique, amélioration écologique… sont les clés de l’évolution rapide d’une chaîne de valeur restée trop longtemps statique.