Impression 3D de médicaments

Le laboratoire Merck et le fabricant d’imprimante 3D EOS, s’associent pour la fabrication de médicaments imprimés en 3D.

Cette méthode, moins coûteuse que le procédé traditionnel par compression, devrait permettre d’adapter rapidement la formulation aux besoins du patient.

L’impression 3D percera-t-elle dans l’industrie du médicament ? Pour le géant pharmaceutique Merck, il s’agit d’un univers à explorer. L’entreprise a annoncé le 2 mars dernier avoir signé un accord avec AMCM, filiale du constructeur d’imprimantes 3D EOS, afin de mettre au point un procédé d’impression 3D de médicaments sous la forme de comprimés.

L’idée est de remplacer le procédé par compression de poudres traditionnellement utilisé, par l’impression 3D. Cela permettant de personnaliser le médicament pour le patient, en l’ adaptant rapidement aux changements de dosage de la substance active, ou encore afin de produire des médicaments en très petite série pour certaines maladies rares.

Le procédé par compression peut en effet s’avérer particulièrement long et coûteux pour ce type d’application : la poudre de médicament subit une première étape dite de granulation, qui permet d’agréger le mélange en granulés relativement homogène. Un excipient – généralement un lubrifiant pour éviter l’adhérence aux machines – est ajouté à la fin de cette étape, puis les granulés sont compressés et moulés par une presse. Plusieurs comprimés sont ainsi produits à chaque cycle, et sont enduits d’une couche protectrice.

Un technologie bien maîtrisée

Le système de fabrication additive développé par AMCM et Merck à Darmastadt, en Allemagne, s’appuie sur une méthode de fusion laser sur lit de poudre dit SLS.

Dans le cas de l’imprimante 3D mise au point par AMCM, le mélange médicamenteux est utilisé en tant que poudre de base. Le laser façonne directement le comprimé, permettant ainsi de s’affranchir des étapes de granulation et de compression. Le procédé autorise ainsi la préparation d’un comprimé unique ou en nombre très limité. La poudre en surplus peut être réutilisée ultérieurement.

Plusieurs étapes en moins grâce à l’impression 3D

Vers des essais cliniques

Peu d’informations ont filtré pour le moment sur les propriétés techniques de l’imprimante. Concernant la poudre médicamenteuse, cette dernière doit vraisemblablement incorporer un liant comestible. Ce mélange a été mis au point par la division innovation de Merck.

Dans un premier temps ce procédé doit apporter un développement et la production de formules de médicaments conformes aux bonnes pratiques de fabrication pour la réalisation d’essais cliniques. Ensuite, a technologie devrait être appliquée à la production à but commerciale.

 

 

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